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Développer l’autonomie des étudiants

Aider les étudiants à prendre en main leur formation, à exercer leur esprit critique et à faire des choix éclairés, notamment face à l’intelligence artificielle : c’est tout l’enjeu du projet AUPaLE (Autonomisation des étudiants par leur responsabilisation), porté par Anissa Meziane, professeure de mécanique à l’Institut de mécanique et d’ingénierie (I2M) et financé par le programme STEP.

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« Au départ du projet AUPaLE, il y a un constat partagé par l’équipe pédagogique du master de mécanique : les étudiants qui progressent le mieux sont souvent ceux qui sont responsables de leurs apprentissages. Ils ne se contentent pas d’exécuter les consignes. Ils questionnent, cherchent plus loin, prennent des initiatives, se projettent dans leur parcours et commencent à donner du sens à ce qu’ils apprennent », explique Anissa Meziane, professeure de mécanique à l’Institut de mécanique et d’ingénierie (I2M) et porteuse du projet.

Mais si l’autonomie semble être une qualité précieuse pour réussir ses études et sa vie professionnelle, elle reste difficile à définir… et encore plus difficile à enseigner. Comment devient-on autonome ? Comment un enseignant peut-il accompagner un étudiant sans faire à sa place ? Et comment savoir si cette autonomie progresse réellement ?

Pour Anissa Meziane et son équipe, cette démarche implique de repenser la relation pédagogique elle-même. Avec l’aide de la MAPI et grâce au programme STEP, elle monte le projet AUPaLE. Ce projet d’innovation pédagogique, inspiré notamment de travaux philosophiques sur la phénoménologie de la relation entre apprenant et enseignant, considère chaque situation pédagogique comme singulière. Chaque équipe, chaque enseignant, chaque étudiant et chaque interaction doivent être pris en compte dans leur spécificité.

Trois grands axes

Co-construit et animé par Julien Laymajoux, consultant en philosophie appliquée à la pédagogie, AUPaLE s’articule autour de trois axes essentiels.

  • Le premier consiste à développer l’esprit critique des étudiants. Douter, construire une argumentation, examiner les présupposés d’un raisonnement, débattre, écouter un point de vue différent ou prendre du recul sur ses propres certitudes sont autant de capacités qui peuvent être mobilisées dans les apprentissages scientifiques comme dans la vie professionnelle.
  • Le second s’attache à développer la réflexivité des enseignants, en les invitant à questionner leur propre posture. Chaque mois, l’équipe pédagogique se retrouve ainsi dans le cadre d’ateliers consacrés à la réflexivité et à l’analyse des pratiques. Les participants y partagent leurs expérimentations, leurs réussites, mais aussi leurs difficultés et leurs interrogations. Quelle que soit la thématique, ces temps dédiés permettent de questionner les pratiques pédagogiques et de les faire évoluer.
  • Le troisième axe propose d’apprendre aux étudiants à utiliser l’intelligence artificielle de manière réfléchie, à en identifier les limites et à être responsables et transparents quant à son usage.

« La philosophie apporte des outils pour apprendre à douter, argumenter, débattre et prendre du recul sur ses propres raisonnements. Cela questionne, bouscule, mais fait progresser », note Anissa Meziane, qui souligne l’importance et la force du collectif dans ce projet. « Chacun, avec ses expériences et ses singularités, a contribué à enrichir les discussions », ajoute-t-elle.

Des premiers résultats encourageants

Le projet est encore en cours d’expérimentation, mais les premiers retours sont encourageants. Les enseignants constatent notamment un investissement accru de certains étudiants, des échanges plus riches entre pairs et une amélioration de la qualité de certains projets et rapports, ainsi qu’une dynamique pédagogique globale, dépassant les champs disciplinaires. Des progrès ont également été observés dans plusieurs unités d’enseignement.

Les questionnaires réalisés auprès des étudiants montrent par ailleurs qu’ils perçoivent l’intérêt des ateliers et établissent un lien entre les compétences développées et leur future vie professionnelle. Ces premiers résultats restent à approfondir.

« La mise en œuvre d’une telle démarche demande du temps. Coordonner une équipe pédagogique, accompagner les expérimentations, analyser les pratiques et trouver le juste équilibre entre autonomie et accompagnement constituent autant de défis », affirme la porteuse du projet. « Notre ambition est de partager cette démarche avec d’autres enseignants et dans d’autres disciplines. Car former les étudiants à l’autonomie consiste à leur donner les moyens de penser par eux-mêmes, de prendre des décisions, d’en assumer la responsabilité et de continuer à apprendre », conclut Anissa Meziane.

Le programme STEP

STEP -pour Soutien à la transformation et à l’expérimentation pédagogique- est destiné à accompagner les équipes pédagogiques pour la mise en œuvre de projets favorisant :

  • l’interdisciplinarité, l’évolution des pratiques pédagogiques et l’alignement pédagogique ;
  • l'appropriation des enjeux de transition (écologique, numérique, sociale…) au sein des formations.

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