Aller au contenu

« La Direction des études a un rôle clé dans l’accompagnement des étudiants »

À l’université de Bordeaux, l’accompagnement des étudiantes et des étudiants s’appuie sur une organisation centrée sur leurs besoins, au service de leurs réussites. Au sein des collèges de formation, les Directions des études (DIRET) jouent un rôle clé dans le suivi académique et l’accompagnement des parcours. Explications avec Estèle Jouison, vice-présidente en charge de l’orientation, de l’insertion professionnelle et des territoires, sur l’évolution récente de ce dispositif et les ambitions qui l’accompagnent.

Publiée le

Pour rappel, qu’est-ce qu’une Direction des études ?

Estèle Jouison : Créées dans le cadre de la loi ORE du 8 mars 2018 relative à l’orientation et à la réussite des étudiants, les Directions des études ont été déployées dans chaque collège de formation proposant des cursus de licence. Leur mission : accompagner de manière personnalisée les étudiants tout au long de leur parcours.

Concrètement, les DIRET coordonnent les dispositifs favorisant la réussite étudiante en licence à l’échelle de la composante et assurent notamment le suivi global des contrats pédagogiques. Une DIRET réunit les directeurs et directrices des études. Cette mission, pleinement reconnue, est portée par des enseignants et enseignants-chercheurs volontaires, nommés pour trois ans renouvelables par la direction du collège.

La DIRET rassemble également les représentants des différents services impliqués dans l’accompagnement des parcours étudiants et plus particulièrement l'Espace orientation carrières (MAOIP), le service PHASE et la DFGC. L’Observatoire de la formation et de la vie universitaire est également fortement impliqué : il soutient les acteurs de la DIRET en apportant les indicateurs nécessaires à la prise de décision et à l’action.

Enfin, et c’est essentiel, les DIRET invitent des représentants étudiants. Ils ne sont pas toujours faciles à mobiliser, mais nous tenons à ce qu’ils participent aux réflexions et chantiers autour de l’accompagnement des étudiantes et des étudiants.

Depuis 2022, nous avons travaillé pour renforcer et structurer le rôle des DIRET. Cela s’est traduit concrètement en 2025, par une redéfinition partagée avec nos élus des missions des directeurs et directrices des études, la création d’une nouvelle fonction de coordinateur ou coordinatrice de la DIRET - auparavant assumée par les directions adjointes de composante - mais aussi par un travail accru avec les services et la mise en place d’un véritable réseau des DIRET.

Justement, quel est le rôle de cette nouvelle fonction de coordinateur (trice) de la DIRET ?

EJ : Le ou la coordonnatrice de la DIRET a pour mission d’animer l’ensemble des acteurs qui la composent et de faire le lien avec les différents services mais aussi avec la direction de la composante et la vice-présidente Orientation, insertion professionnelle et territoires , afin de mieux traiter les sujets transversaux. Cette fonction supervise également le bilan et l’évaluation des dispositifs déployés au sein des collèges (tutorat, contrats pédagogiques de réussite, journées d’intégration…) pour veiller, dans la durée, à leur adéquation avec les besoins réels des étudiants. L’objectif est clair : inscrire les DIRET dans une logique d’amélioration continue.

Grâce au projet CARE - « Coordonner l’accompagnement à la réussite étudiante » (IDEX) - nous avons pu impulser et soutenir des plans d’actions concrets et adaptés aux problématiques rencontrées dans les différents collèges. Ainsi, plusieurs axes de travail ont été choisis :

  • Au sein du collège sciences et technologies, la volonté a été de travailler sur la réduction du risque de décrochage. Cela s’est traduit par la création d’une première année de licence « L1- adaptation », qui s’adresse aux étudiants volontaires pour bénéficier d’un accompagnement renforcé pour consolider leur projet d’orientation.
  • Le même objectif était visé par les projets de l'IUT de Bordeaux, des départements Science et génie des matériaux (aide à la projection dans les enseignements) et Carrières Sociales (aide à la projection dans les métiers).
  • Du côté du collège droit, science politique, économie, gestion, les projets se sont concentrés sur l’étape clé de la rentrée et de l’intégration. Des actions favorisant les échanges entre étudiants néo-entrants et leurs pairs ont été mises en place par la faculté d’économie-gestion et AES. Réalisées au moment de la rentrée, elles contribuent à réduire le manque de repère des nouveaux étudiants et elles visent également à renforcer la dynamique autour de
    l’« Espace Réussite », en lien avec les dispositifs portés par l'Espace orieentation carrières (MAOIP). La faculté de Droit a quant à elle proposé un projet d’accompagnement renforcé à la rentrée universitaire, dans le prolongement du séminaire de pré-rentrée Start-U.
  • Au collège sciences de l’Homme, l’objectif s’est davantage concentré sur la réussite académique. Le plan d’action a porté sur la phase de préparation aux examens. Un dispositif de coaching comprenant des ateliers de gestion du stress ainsi qu’un livret d’accompagnement sont désormais proposés aux étudiants.
  • Le département Gestion administrative et commerciale des organisations (GACO) de l’IUT a travaillé autour du même objectif et mis en place des dispositifs de remédiation sur des compétences socle pour renforcer la réussite aux examens.

Vous animez également le réseau des DIRET. En quoi consiste-t-il ?

EJ : Nous avons créé ce réseau pour renforcer la dynamique collective autour de l’accompagnement étudiant et favoriser l’amélioration continue des DIRET. C’est un espace d’échange et de partage de pratiques, qui permet aussi de construire ensemble le plan de formation des directeurs et directrices des études et d’alimenter une réflexion pédagogique transversale sur des sujets majeurs : passerelles inter-composantes, lutte contre le décrochage, accompagnement des parcours…

Je co-préside ce réseau avec le vice-président étudiant. Nous nous réunissons environ quatre fois par an. Ces rencontres sont particulièrement riches. Les échanges sont nombreux, les retours d’expérience très précieux, et je ressens une véritable volonté commune de « faire université ensemble », malgré la diversité de nos disciplines et de nos organisations. C’est extrêmement stimulant.

De ce réseau vont progressivement émerger des groupes de travail. Dans le cadre du premier, nous avons travaillé à la mise en place une grande enquête auprès des bacheliers néo-entrants, soit près de 7 000 étudiants, qui devrait être expérimentée à la rentrée 2026 dans le cadre de leur processus d’inscription administrative. Notre objectif est de mieux connaître leurs profils, leurs motivations, la maturité de leurs projets, leurs attentes et leurs difficultés afin de pouvoir mieux les accompagner.

Quel est aujourd’hui votre principal objectif ?

EJ : Mon ambition est d’encourager les équipes pédagogiques à s’emparer pleinement de ces dispositifs et à se connecter à ces dynamiques collectives. Au-delà d’être de véritables leviers pour les réussites étudiantes, elles contribuent à insuffler de l’énergie et à renforcer le sens de nos métiers.

Mettre l’étudiant au centre

Mettre l’étudiant au centre

Max Maurin est docteur en Sciences économiques et professeur agrégé en Sciences économiques et sociales au sein de la faculté d’économie, gestion et AES de l’université de Bordeaux. Après avoir été directeur des études de la licence économie-gestion, il est à présent coordinateur de la direction des études du collège Droit, science politique, économie, gestion, une fonction créée à la rentrée 2025.

En savoir +