L’analyse des données met en évidence une mise en œuvre effective du cadrage de l’offre de formation, en particulier en premier cycle.
- En licence générale, la répartition des crédits ECTS s’établit en moyenne à 60% pour le socle, 27% pour la personnalisation et 13% pour l’ouverture. Sur les 18 mentions de licence pour lesquelles l’information est disponible, 3 ont une part socle représentant moins de 50% des crédits ECTS et 5 ont une part ouverture inférieure à 10%.
- En licence professionnelle, la personnalisation atteint 31%, tandis que la part d’ouverture reste plus limitée.
- En BUT, fortement cadré nationalement, la personnalisation représente 18% des enseignements, illustrant une adaptation locale dans les marges autorisées.
- En master, bien que les données soient encore partielles, la part de personnalisation atteint 36%, traduisant une diffusion progressive de ces principes en deuxième cycle.
Ces résultats confirment que les principes de structuration de l’offre – socle, personnalisation, ouverture – sont désormais intégrés avec un niveau d’appropriation plus avancé en licence.
Des dispositifs variés au service de parcours plus individualisés
Le bilan met en évidence plusieurs modalités de personnalisation et de flexibilisation des parcours à l’échelle de l’établissement.
Les formations s’appuient sur une diversité de dispositifs :
- structuration modulaire en blocs de connaissances et de compétences (BCC), largement déployés en premier cycle et en cours en master ;
- aménagement des parcours (césure, mobilité, étalement, réorientation, double parcours…) ;
- prise en compte des besoins spécifiques, notamment via le dispositif PHASE ;
- accompagnement renforcé des étudiants par les équipes pédagogiques et les services d’appui.
Ces dispositifs permettent d’adapter les parcours à la diversité des profils étudiants et de soutenir la construction progressive de leur projet d’études et professionnel.
Une appropriation encore hétérogène
Si la dynamique est bien engagée, le bilan souligne des niveaux d’appropriation variables selon les formations.
Certaines équipes peinent encore à :
- relier explicitement leurs dispositifs aux objectifs de personnalisation et de flexibilisation ;
- valoriser des pratiques existantes (UE à choix, accompagnement individualisé, interdisciplinarité, etc.) ;
- expliciter la structuration en BCC, notamment en master.
Ces constats traduisent avant tout un enjeu de lisibilité et de mise en cohérence, plus qu’un manque de dispositifs.
Des leviers identifiés pour renforcer et mieux valoriser les dispositifs
Le bilan met en évidence un ensemble de pistes permettant de consolider la personnalisation et la flexibilisation des parcours, en s’appuyant sur des dispositifs déjà largement présents dans les formations.
Un premier enjeu concerne la lisibilité et la valorisation des actions existantes. De nombreux dispositifs – choix d’unités d’enseignement, accompagnement des étudiants, stages individualisés ou encore aménagements de parcours – contribuent pleinement à la personnalisation, sans être toujours explicitement identifiés comme tels dans les bilans. Une meilleure articulation entre ces pratiques et le cadre d’amélioration continue permettrait d’en renforcer la visibilité et la compréhension.
La personnalisation reste par ailleurs souvent appréhendée à travers le seul prisme des parcours proposés au sein des formations. Or, elle repose également sur une diversité de leviers complémentaires – options, modularisation des enseignements, interdisciplinarité – qui gagneraient à être davantage décrits et structurés, notamment en lien avec l’organisation en blocs de connaissances et de compétences (BCC), encore inégalement valorisée, en particulier en master.
L’analyse met également en lumière le rôle central de l’accompagnement des étudiants dans la construction de leur parcours. Si de nombreux dispositifs existent (remédiation, adaptation des rythmes, mobilité, césure…), leur mise en œuvre et leur formalisation – notamment à travers les contrats pédagogiques de réussite ou le rôle des directions d’études – pourraient être davantage explicités pour mieux en mesurer la portée.
Enfin, certaines perspectives de développement apparaissent encore peu investies. C’est notamment le cas de la modularisation des formations dans une logique de formation tout au long de la vie, ou encore de l’intégration de nouveaux outils, comme l’intelligence artificielle.
Dans cette perspective, l’enjeu n’est pas tant de créer de nouveaux dispositifs que de mieux structurer, expliciter et valoriser l’existant, afin d’en déployer pleinement le potentiel au service de la réussite étudiante.
Quelques exemples d’initiatives favorisant la personnalisation et la flexibilisation des parcours
- Au collèges Sciences de l’Homme et au collège Sciences et Technologies, les licences sont organisées sous la forme d’un portail à l’entrée permettant d'explorer durant un semestre (parfois deux) des disciplines avant de s'orienter vers l'une d'entre elles.
- Transversal aux 4 collèges de formation, le Cycle pluridisciplinaire d'études supérieures (CPES) se distingue par une approche interdisciplinaire intégrée et propose une spécialisation progressive, permettant à chaque étudiant de construire un parcours adapté à ses aspirations académiques et professionnelles.
- Dans le cadre des cursus universitaires de l’IUT de Bordeaux, les Activités d’ouverture et de personnalisation (AOP) offrent aux étudiants la possibilité d'explorer des thématiques ou des domaines qui complètent ou enrichissent leur parcours académique principal en tenant compte de leur projet personnel et professionnel.
- A l’entrée en licence, le Dispositif individualisé « Oui si » permet d'améliorer la réussite des étudiants recrutés, de les accompagner et de les mettre en confiance par l'aménagement des contenus et de la durée de leur première année.
- En 2e cycle, les parcours enrichis Graduate programs reposent sur une approche de personnalisation en master pour renforcer l’adossement de la formation à la recherche, en rassemblant autour d’une thématique des étudiants de différentes disciplines.
Le bilan à mi-parcours confirme que la personnalisation et la flexibilisation des parcours constituent désormais une réalité structurante de l’offre de formation, en cohérence avec la stratégie de l’établissement.
L’enjeu des prochaines années sera de consolider cette dynamique, en renforçant l’appropriation du cadre d’amélioration continue, en valorisant mieux les dispositifs existants et en poursuivant leur déploiement.