« Cette sixième année d’études n’avait pas d’équivalent dans le système LMD. Cette réforme était donc indispensable pour renforcer la professionnalisation des futurs pharmaciens avant leur entrée sur le marché du travail. L’approche pédagogique par compétences permet de souligner l’expertise propre à chaque métier, et ils sont nombreux dans le domaine des sciences pharmaceutiques. Désormais, la logique est inversée : on part des besoins de la profession pour construire les enseignements. C’est une évolution majeure », explique Isabelle Berque-Bestel, responsable du parcours Industrie - Recherche des études de pharmacie à l’université de Bordeaux.
Même constat pour la filière Officine. Evaluer des domaines de compétences plutôt que des connaissances répond mieux aux besoins des pharmaciens d’officine, amenés à exercer de plus en plus de responsabilités, à l’instar du déploiement d’actions de santé publique. « Nous avons travaillé en amont au sein de groupes de travail nationaux pour définir le référentiel de compétences de la profession et nous avons défini quatre domaines de compétences. Au sein de chacun de ces domaines, sont ensuite listés des apprentissages critiques. On ne parle plus seulement de matières à valider, mais de compétences à acquérir », ajoute Marine Aulois, coordinatrice de cette réforme pour la filière Officine. Cette approche par compétences permet également aux étudiants de mieux appréhender le lien entre les enseignements et la pratique professionnelle, en rendant plus explicites les objectifs pédagogiques.
Un axe de transformation qui rejoint parfaitement le cadrage de l'amélioration continue de l'offre de formation à l’université de Bordeaux à l’horizon 2030.
Un continuum entre théorie et pratique
Au-delà de l’approche purement académique, cette réforme renforce la dimension professionnalisante du cursus grâce à des stages différemment organisés et une implication accrue des maîtres de stage qui jouent un rôle central dans l’autonomisation des étudiants dans leur pratique professionnelle. « Nous formons nous-mêmes les maitres de stage pour mieux leur faire comprendre nos attentes et travailler avec eux sur leur posture auprès de l’étudiant. Nous avons été accompagnés par la Direction de l’amélioration continue (DAC) dans cette démarche très bien accueillie par les intéressés », raconte Marine Aulois. Ainsi, le nouveau DES Officine prévoit deux stages professionnalisants de six mois au sein de deux officines différentes, complétés par des enseignements théoriques ciblés. Cette organisation permet une immersion progressive dans la réalité du métier, tout en garantissant un socle académique solide.
Cette réforme nous a permis de recréer une communauté éducative autour des étudiants. Nous mettons actuellement tout en œuvre pour maintenir nos ambitions sur le long terme.
La filière Industrie - Recherche comporte quant à elle sept domaines de compétences comprenant de nombreux apprentissages critiques que les étudiants peuvent choisir en fonction de leur orientation . Ces enseignements théoriques et pratiques, dirigés et en autonomie, sont complétés par un stage de pratique professionnelle d'une durée de six mois à temps plein ou d'une période équivalente en alternance avec les périodes de formation théorique. « Chaque étudiant entre dans un parcours à la carte avec un suivi par un tuteur tout au long de l’année. Il dispose d’un portfolio dans lequel il consigne ses expériences, ses analyses de cas et son évolution et d’un tableau de bord, outil partagé avec le maître de stage pour suivre l'acquisition des compétences en temps réel », détaille Isabelle Berque-Bestel.
Un accompagnement indispensable de la Mission d’Appui à la Pédagogie et à
I’Innovation
Toutes deux ont été impliquées en amont, dès 2023, dans la conception et la mise en place de cette réforme pour l’université de Bordeaux. « Nous avons organisé des groupes de travail et avons dû nous approprier cette nouvelle démarche d’approche par compétences. J’ai déposé un projet STEP à cet égard », précise Marine Aulois.
« J’en profite pour souligner l’accueil et l’accompagnement formidables de la MAPI dans cette aventure », ajoute-t-elle. Une démarche largement soutenue et saluée par Nicolas Sévenet, doyen de l’UFR des sciences pharmaceutiques du collège des sciences de la santé de l’université de Bordeaux. « Désormais, nos diplômés arrivent sur le marché du travail avec les compétences attendues par la profession. Cette mise en œuvre a demandé un engagement considérable à nos deux chefs d’orchestre, Marine Aulois et Isabelle Berque-Bestel. Leur expérience respective a été mise au service de la construction de cette transformation ; c’est une chance pour le collège des sciences de la santé et pour l’université de Bordeaux. Nous sommes à présent dans la phase opérationnelle et la gestion individuelle des étudiants », affirme-t-il.