Déployé sur une année universitaire, le bilan mi-parcours s’est focalisé volontairement sur trois thématiques clés de la stratégie de l’université de Bordeaux en matière de formation : la réussite étudiante, l’adossement des formations à la recherche et la personnalisation des parcours étudiants. Le dispositif s’est appuyé sur un cadre méthodologique commun et des outils harmonisés : tableaux d’indicateurs préremplis, guide d’accompagnement, trames de synthèse à destination des collèges et instituts de formation.
La mobilisation a été très large, avec 139 bilans renseignés, témoignant d’une forte appropriation de la démarche par les équipes pédagogiques. Dans la majorité des cas, les bilans produits reflètent une bonne compréhension de la démarche, assortie d’une analyse juste et cohérente. Mobilisés tout au long du processus, les services centraux (DFGC, MAOIP, MAPI et DAEES) ont été disponibles pour accompagner et répondre au besoin d’analyse qualitative et d’aide à l’auto-positionnement.
Des dynamiques confirmées au service de la réussite étudiante
En matière de réussite étudiante, les indicateurs témoignent globalement d’une dynamique positive. Ces évolutions s’appuient sur la diversification des pratiques pédagogiques, le développement de démarches d’alignement pédagogique, l’intégration progressive de pédagogies actives et la montée en puissance de dispositifs d’accompagnement plus ciblés. Si des disparités subsistent selon les disciplines et les effectifs, le bilan confirme une tendance globale à une amélioration continue des conditions d’apprentissage.
Une professionnalisation solidement ancrée dans les formations
Un autre point fort largement partagé par le bilan à mi-parcours est le déploiement massif, en 1er comme en 2e cycle, de dispositifs renforçant la professionnalisation des formations facilitant la réussite du projet de l’étudiant.
En licence, les formations s’appuient ainsi sur des parcours progressifs intégrant stages, projets tutorés et premières mises en situation professionnelle. En master, l’accompagnement du projet professionnel de l’étudiant est renforcé par des stages longs et obligatoires, le développement de l’alternance ou l’implication accrue des acteurs socio-économiques dans les formations. Le tout de plus en plus souvent en lien avec des thématiques en développement : RSE, développement durable, transitions numériques…
Un adossement solide à la recherche, à consolider
L’adossement des formations à la recherche apparaît globalement solide, tant en licence qu’en master. Il repose sur l’implication forte des enseignants-chercheurs, la mise en œuvre de dispositifs variés de sensibilisation à la recherche et la proximité avec les structures de recherche. Une enquête complémentaire menée auprès de ces dernières confirme la vitalité de ces liens.
Le bilan met toutefois en lumière des fragilités et des besoins communs aux 2 cycles de formation, notamment en ce qui concerne la sensibilisation des étudiants à l’intégrité scientifique, à l’éthique de la recherche et aux usages responsables de l’intelligence artificielle.
Vers des parcours plus flexibles et personnalisés
Les bilans montrent que les bases de la personnalisation et de la flexibilisation des parcours sont désormais bien installées dans de nombreuses formations de 1er cycle : modularité accrue des formations, possibilités d’adaptation des rythmes, diversification des modalités pédagogiques. Cette flexibilisation est également en développement sur le 2e cycle. Et malgré quelques freins structurels persistants à la flexibilisation – grands effectifs, ressources humaines limitées, outils numériques ou de scolarité parfois peu adaptés… – ces évolutions répondent à la diversité croissante des profils et des projets étudiants.
Au-delà des résultats thématiques, le travail réalisé pour le bilan mi-parcours a démontré la capacité collective de l’établissement à conduire une auto-évaluation structurée, mobilisant équipes pédagogiques, directions et services d’appui. Quelques points d’attention demeurent (appropriation inégale des indicateurs, calendrier contraint, besoins d’accompagnement renforcé) et constituent des leviers d’amélioration clairement identifiés pour la suite du processus.
Une évolution profonde du processus d’évaluation du Hcéres
Ce bilan mi-parcours s’inscrit dans un contexte d’évolution majeure du cadre national d’évaluation porté par le Hcéres.
Le nouveau dispositif vise avant tout à redonner du sens à l’évaluation, en la simplifiant et en la positionnant comme un outil d’aide à la réflexion stratégique de l’établissement et à l’amélioration continue.
La fréquence des évaluations passe de cinq à six ans, avec une durée de procédure réduite à un an. Les référentiels actuels seraient remplacés par un guide structuré autour de trois thématiques clés : le pilotage, l’assurance qualité et les parcours étudiants.
L’un des changements majeurs réside dans la simplification drastique de l’auto-évaluation. Un seul document institutionnel faisant la preuve de la capacité de l’établissement à piloter son offre de formation, limité à une trentaine de pages, serait désormais attendu sur le champ de la formation et de la vie étudiante, sans déclinaison de tableaux Excel formation par formation.
Les outils internes de pilotage de l’établissement – notes de cadrage, indicateurs, feuilles de route des formations, bilans mi-parcours, comptes rendus de conseils de perfectionnement… – constitueraient les principaux éléments de preuve venant étayer le dossier.
Les auditions sur site porteraient prioritairement sur les acteurs du pilotage de l’offre de formation, à différents niveaux de gouvernance, ainsi que sur un panel représentatif de responsables de formation.
L’université de Bordeaux, inscrite dans la vague B (2026-2027), valorisera ainsi le travail engagé à travers le bilan mi-parcours comme preuve tangible de sa capacité à piloter, afin de suivre et faire évoluer son offre de formation.
Prochaines étapes (sous réserve de confirmation) : les discussions avec le Hcéres auront lieu à l’automne 2026 et l’autoévaluation débutera dès janvier 2027 pour une durée de six mois.
En savoir +
Engagé à l’automne 2024, le bilan mi-parcours constitue une étape clé dans le pilotage de l’offre de formation de l’université de Bordeaux. Pensé comme un exercice d’auto-évaluation à l’échelle de l’ensemble des formations, il poursuivait plusieurs objectifs complémentaires :
- dresser un état des lieux intermédiaire des formations sur trois thématiques de la stratégie formation de l’établissement,
- acculturer les équipes pédagogiques à une démarche d’auto-évaluation,
- éprouver des modalités de pilotage d’un chantier d’auto-évaluation mobilisant de nombreux acteurs, dans la perspective d’une accréditation établissement.
> En savoir + sur le bilan mi-parcours et l’accréditation de l’offre de formation