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Tester, ajuster, partager : un parcours entre pairs au service des pédagogies actives

Proposé par la Mission d’appui à l’innovation et à la pédagogie, le Parcours de pairagogie est un dispositif d’accompagnement des enseignants souhaitant mettre en place des pédagogies actives dans leurs enseignements, tout en bénéficiant des échanges et du regard de leurs pairs. Testé avec succès en 2024-2025, ce dispositif est à nouveau proposé en juillet prochain.

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« Les enseignants sont-ils suffisamment outillés pour repenser leur pédagogie et si oui, ont-ils le temps de prendre ces outils en main ? Se sentent-ils suffisamment en confiance pour se lancer ? »

C’est en réponse à ces questions soulevées lors de l’édition 2024 du colloque Diversité et Réussite[s] qu’Anaïs Liger, ingénieure pédagogique à la MAPI, a l’idée de proposer un dispositif d’accompagnement par les pairs pour les enseignants qui souhaitent travailler les pédagogies actives et les intégrer à leurs enseignements.

« La mise en place de pédagogies actives dans les enseignements est un des axes du cadrage de l’amélioration continue de l’offre de formation, et l’accompagnement par les pairs est également l’une des priorités à la MAPI », déclare Anaïs Liger. « Le dispositif Parcours de pairagogie propose aux enseignants de débuter la conception d’un scénario pédagogique et de tester une activité auprès de leurs homologues. Les temps de réflexion et d’échange permettent d’avoir des retours et des conseils pour réajuster les scénarios pédagogiques et les ressources utilisées pour l’activité expérimentée. L’étape ultime étant la mise en œuvre auprès des étudiants. »

Ce dispositif se déroule sur deux jours et demi, dont deux journées de scénarisation et d’expérimentation.

Journée 1 : scénarisation pédagogique et échanges

La première journée est rythmée par des temps d’apports théoriques dispensés par une ingénieure pédagogique, des activités pratiques de scénarisation et des échanges. Chaque enseignant choisit le cours dans lequel il souhaite apporter des modifications, définit ses acquis d’apprentissage visés, décide quelle pédagogie active mettre en place à l’aide de l’espace d’auto-formation Moodle Pédagogies actives, puis produit une version bêta de son scénario pédagogique.

« Pour faciliter la conception du scénario, nous proposons des activités d’idéation, des échanges, et utilisons des outils empruntés au design thinking et à la scénarisation pédagogique. Il s’agit ensuite de choisir une activité de son scénario à faire tester par ses pairs au cours de la deuxième journée », précise Anaïs Liger.

Journée 2 : expérimentation pédagogique et retours

Lors de cette seconde phase, chaque participant endosse tour à tour le rôle d’enseignant, expérimentateur et d’apprenant. Chaque test dure entre 30 et 40 minutes, suivi d’un temps d’échange de 45 minutes entre pairs. « L’objectif est d’identifier les points d’amélioration de leur activité, tant sur l’articulation de celle-ci que sur les ressources utilisées pour sa réalisation. »

L’année passée, les quatre enseignants ayant participé à cette phase de test ont choisi d’expérimenter chacun une pédagogie active différente : débat sous forme de battle, classe renversée, classe inversée et apprentissage en situation authentique. Les retours ont été très positifs.

« Ce dispositif plus informel qu’une formation classique a été très bénéfique et apprécié. Nos objectifs ont été pleinement atteints. Cette expérimentation ouvre de nouvelles perspectives quant à la mise en place des pédagogies actives et à l’accompagnement des enseignants dans cette démarche », rapporte Anaïs Liger.

Témoignage d’enseignante

Trois questions à Julie Géan, enseignante-chercheuse en chimie-physique au département Mesures physiques de l'IUT de Bordeaux, responsable des relations avec les lycées au sein du département et participante à ce parcours.

Pourquoi vous êtes-vous inscrite à ce parcours ?
JG : En décembre 2024, lorsque je reçois le mail de la MAPI intitulé « Parcours de pairagogie : osez les pédagogies actives avec vos pairs », je me demande : « Pairagogie, quésako ? »
Puis la question d’accroche « Les pédagogies actives vous intéressent mais vous hésitez encore à vous lancer ? » m’interpelle. C’était exactement mon cas ! Les retours d’expérience positifs de ma collègue d’anglais sur les pédagogies actives m'ont donné envie d'expérimenter un enseignement où l’étudiant agit plus qu’il n’écoute et de développer des méthodes plus dynamiques en enseignement de chimie. Après quelques recherches sur la pairagogie, je me suis inscrite sans hésiter.

Comment avez-vous vécu ces deux jours ? Que vous a apporté ce parcours ?
JG : Ce dispositif a été un véritable catalyseur. Il m’a offert un cadre structuré et sécurisant pour passer à l’action, ce que je n’aurais pas fait seule, faute de temps.
D’abord, je me suis formée à la classe inversée grâce aux modules d’auto-formation de la MAPI. Ensuite, l’accompagnement de l’ingénieure pédagogique Anaïs Liger et les retours des collègues, en posture d’étudiant durant la phase d’expérimentation de la formation, m’ont aidée à ajuster en temps réel mon scénario pédagogique. Enfin, cette formation m’a permis de repartir avec une séquence pédagogique prête à l’emploi et surtout l’envie de la tester en situation réelle.

Recommanderiez-vous ce dispositif à des collègues ?
JG : Absolument. C’est l’occasion de s’octroyer un temps pour innover dans ses pratiques pédagogiques, depuis la conception jusqu’à l’enseignement. Cela permet de se réapproprier les étapes clés de la construction d’un enseignement (acquis d’apprentissage, modalités, activités, ressources) et de réaliser que se réinventer, c’est faisable. Le cadre bienveillant permet d’expérimenter sans pression et de bénéficier des remarques constructives des collègues.