L’évolution majeure du cadre national d’évaluation porté par le Hcéres vise à simplifier les procédures et à faire de l’évaluation de l’offre de formation un véritable outil d’aide au pilotage des établissements. L’un des changements majeurs de ce processus réside dans la simplification drastique de l’auto-évaluation. Pour l’université de Bordeaux, cette évolution répond à une attente exprimée de longue date par la communauté universitaire.
« Nous appelions ce changement de nos vœux depuis un certain temps. Nous nous sommes fortement mobilisés dans la concertation qui a conduit à cette nouvelle procédure publiée début 2026 », explique Pascal Lecroart, vice-président en charge de la formation à l’université de Bordeaux. Un processus moins complexe et un calendrier plus court permettront d’être plus en cohérence avec les objectifs recherchés à travers cette auto-évaluation, qui doit désormais permettre à l’établissement de démontrer, à partir de ses propres outils, sa capacité à piloter - analyser, suivre et faire évoluer- son offre de formation.
Une auto-évaluation en deux temps
La phase d’auto-évaluation démarrera en janvier 2027 pour s’achever en juin.
Chaque formation fera l’objet d’une fiche de deux pages, produite par le responsable de formation à partir des informations et des outils de pilotage déjà disponibles. Il s’agira notamment de présenter les principales évolutions de la formation, d’en proposer une analyse réflexive et de montrer comment celle-ci s’inscrit dans la stratégie de l’établissement, tout en identifiant ses perspectives d’évolution.
« Nous préparons ce chantier depuis quelques mois avec l’aide de l’IA Mistral dans le cadre de l’expérimentation Mistral ESR, avec l’aide d’un stagiaire de master d’informatique qui réalise ce travail. L’objectif n’est pas de confier à l’IA l’analyse de l’offre de formation, mais de lui permettre de rassembler et de structurer des informations déjà produites par les collègues et l’établissement. Les fiches pré-renseignées par l’IA seront ensuite proposées aux responsables des formations qui auront la liberté de s’en servir. Si c’est le cas, ils y apporteront les améliorations nécessaires », précise Pascal Lecroart.
La phase de test donne des résultats satisfaisant. Des derniers réglages sont encore en cours et l’outil sera disponible à partir de décembre. Les acteurs concernés auront six mois entre janvier et juin 2027 pour faire ce travail. « L’université de Bordeaux est ainsi le premier établissement à proposer cette approche au Hcéres », ajoute le vice-président.
La deuxième composante majeure de l’autoévaluation prendra la forme d’un document institutionnel d’une trentaine de pages, construit en lien avec les différentes directions des collèges et instituts de formation, ainsi que les acteurs concernés par le pilotage de l’offre de formation et de la vie étudiante.
Il devra notamment mettre en évidence la cohérence entre la stratégie de l’établissement, ses choix de formation et les moyens mobilisés pour les mettre en œuvre. « Ce chantier s’inscrit dans le cadre de l’autonomie de l’université de Bordeaux, dans sa capacité à démontrer son aptitude à piloter une offre de formation en cohérence avec la trajectoire suivie depuis plusieurs années dans le cadre de l’amélioration continue de l’offre de formation », souligne Pascal Lecroart.
Des échanges avec le Hcéres à l’automne 2027
Après la phase d’autoévaluation, le Hcéres analysera les éléments transmis et produira un pré-rapport. Une visite à Bordeaux est ensuite prévue à l’automne 2027.
Le Hcéres devrait notamment sélectionner un panel représentatif de formations afin d’échanger avec leurs responsables. Les auditions concerneront également les différents niveaux de gouvernance, la direction des collèges et les services impliqués dans le pilotage de l’offre de formation.
Cette organisation traduit elle aussi le nouveau positionnement de l’évaluation : il ne s’agit plus d’évaluer individuellement de manière exhaustive chaque formation, mais de s’appuyer sur un échantillon pour apprécier la solidité du système de pilotage dans son ensemble.
Le rapport définitif est attendu en janvier 2028.